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La région Parisienne et le nivernais

PLat creux ou Tondino, faience de Nevers

 

 

Rouen

Le début du siècle voit l'expiration du privilège royal de fabrication de faïence accordé à la famille Poterat en 1648. Du coup, de nombreuses manufactures se créent et se développent dans la région.

Boite à épice,Faience de Rouen-18e siècleLeur clientèle est composée des membres les plus riches et les plus influents de la noblesse parlementaire rouennaise. Entre 1720 et 1750, l'emploi du camaïeu (Le camaïeu est le mélange d'une couleur pure additionné de valeurs de ton ( blanc, gris, noir) qui permet de créer un dégradé de ton.) bleu entraine une diversification des décors .La broderie, création des faïenciers rouennais, s'inspire d'un élément décoratif végétal de forme triangulaire issu des porcelaines chinoises importées en Europe. Cette décoration est appliquée en frise au niveau du col ou du pied des céramiques orientales. Le lambrequin, autre nom de ce motif, évolue vers l'adjonction d'éléments végétaux, simplifiant les décors tout en se détachant de son contexte original de personnages chinois. Par la jonction des pointes des lambrequins vers le centre des faïences, le style rayonnant émerge de cette période de production.

décor rouge et bleu est une découverte rouennaise avec l'emploi du "bol d'Arménie". C'est le résultat de la cuisson, dans une atmosphère privée d'oxygène, d'un composé à base de sable ferrugineux. Le décor niellé est à base de rinceaux noirs posés sur un fond coloré en ocre. La nielle est un décor tiré des arts du métal où les gravures sont remplies d'émail (Terme générique pour désigner les enduits vitreux.) noir pour faire ressortir le dessin. Il ne dure que l'espace d'une décennie, celle de 1720.

Le décor polychrome de grand feu (Se dit d'un décor peint sur un émail opacifiée à l'étain. La palette des couleurs comprend un bleu, un vert , un pourpre, un jaune ou un orange. Elles necessitent ...) (vert de cuivre, bleu de cobalt, jaune d'antimoine, rouge d'Arménie et violet de manganèse), extension du décor rouge et bleu, sera la grande tendance de 1720 à 1750.Le style "rocaille" occupe le reste du siècle avec l'emploi des cartouches, des courbes et contre - courbes.

Paris

Assiette octogonale, faience de Rouen-18e siècle

Les liens stylistiques et familiaux des faïenciers parisiens avec les manufactures de Nevers, Rouen et Saint- Cloud sont nombreux.La majorité des faïenceries sont situées dans le faubourg Saint - Antoine car elles bénéficient là d'une exemption des servitudes de la communauté des maîtres faïenciers - verriers.

Le décor au lambrequin en camaïeu (Le camaïeu est le mélange d'une couleur pure additionné de valeurs de ton ( blanc, gris, noir) qui permet de créer un dégradé de ton.) bleu d'inspiration rouennaise est largement employé. Le décor de petit feu (La pièce est cuite une premiŠre fois pour obtenir un biscuit, puis elle est emaillée et recuite une deuxième fois , le peintre décore la pièce.et subit une ...) ou faïence "japonnisée" est introduit dans la région parisienne par Jacques Chapelle (Peintre en faïence qui a séjourné à Bordeaux chez Hustin de 1713 à 1715,à Rouen de 1716 à 1730 et à Samadet de 1731 à 1735. A été à l'origine de ...) (manufacture de Sceaux vers 1750).

 

Nevers

L'histoire de la faïence commence à Nevers vers 1585 avec l'arrivée des Conrade en provenance d'Albissola en Italie. Ceux - ci viennent à l'invitation de Louis de Gonzagues, duc d'Urbino, qui est aussi devenu duc de Nevers de part son mariage avec Henriette de Clèves, .Sous influence italienne dominante jusqu'au milieu du XVIIe siècle : la production de Nevers est composée de la majolique "a istoriati" ( décor sur toute la pièce) et d'orfèvrerie avec des pièces blanches ou décorées "a compendiario" (utilisant exclusivement le bleu avec des rehauts de jaune et de manganèse).

Statuette , Vierge àl'enfant, Nevers, 18e siècleAprès 1650, Nevers devient le centre dominant français se caractérisant par une multiplication des fabriques et des décors. L'imitation orientale (décors blancs sur fond bleu), ainsi que la variation du décor "a compendiario" distingueront les manufactures nivernaises du modèle italien dès 1630.Avant 1700, on compte une dizaine de fabriques, occupant environ un millier de personnes puis en 1755, on en recense douze, employant environ le double de personnel. La dispersion dans les centres faïenciers français des ouvriers nivernais participe ainsi à l'expansion de la faïence.

Au XVIIIe siècle, la production des manufactures nivernaises s'oriente vers des objets utilitaires et bon marché. Les décors en camaïeu (Le camaïeu est le mélange d'une couleur pure additionné de valeurs de ton ( blanc, gris, noir) qui permet de créer un dégradé de ton.) bleu influencés par Rouen et Moustiers, marquent la première moitié du siècle, tandis que la polychromie et les motifs rocaille seront à la mode surtout dans la seconde moitié. Les faïences patronymiques, les statuettes religieuses et les faïences "patriotiques" deviennent une spécialité nivernaise.